#

Ainsi donc, chaque année, un peu plus d'une personne sur vingt déménage de commune en Suisse. Assez logiquement, environ quatre fois plus de personnes (22,2%) ont déménagé dans les cinq dernières années, mais pas dans les douze derniers mois: au total, un peu plus d'une personne sur quatre a changé de logement lors de ces cinq dernières années, ce qui représente tout de même deux millions de personnes "motiles", promptes au déménagement.

Un nombre nettement moins important de personnes annoncent avoir déménagé pour la dernière fois il y a entre 5 et 10 ans: seules 12,5% des répondants, contre 27,8% ayant déménagé durant les cinq dernières années. cette grande différence s'explique par le fait qu'une partie de la population est hautement mobile, déménageant assez fréquemment, et reste donc statistiquement dans les catégories "moins de douze mois" et "moins de cinq ans". La part de la population qui déménage moins fréquemment est nettement plus faible.

59,8% de la population suisse est "sessile", c'est-à-dire sédentaire: elle habite la même commune depuis sa naissance (21,2%), ou depuis au moins dix ans (37,6%). Cela confirme l'idée de l'existence de deux populations bien distinctes, l'une motile (30%), l'autre sessile (60%), séparés par une petite tranche de population en transition entre les deux modes de vie.

Géographiquement, les variations peuvent être très importantes. Ainsi, la proportion de personnes arrivées dans l'année varie du simple au quintuple, entre les régions périphériques de montagne, mais aussi certains quartiers de HLM vieillissants où elles ne représentent parfois que 2% de la population totale (Lötschental, mais aussi Meyrin) , au "front de croissance" périurbain où elles peuvent dépasser le dixième de la population totale, comme sur la Côte, dans le Gros-de-Vaud ou le Chablais vaudois.

De manière plus générale, de nombreux quartiers urbains et suburbains apparaissent majoritairement peuplés de personnes ayant déménagé récemment, alors que les périphéries rurales et surtout montagnardes peuvent ne connaître que 10% de population arrivée dans les cinq dernières années. A l'autre bout du catalogue, la variation de la part de personnes nées dans leur commune de résidence varie également énormément, et selon une dichotomie similaire: régions de montagne largement peuplées de natifs du lieu, versus quartiers urbains peuplés presque exclusivement de personnes nées ailleurs.

A noter enfin la position particulière du Canton de Glaris - là, la population a changé majoritairement de commune pour cause de fusion communale généralisée!

La carte représentée ici est une carte de la "sessilité": elle montre la part des personnes "sessiles", c'est-à-dire n'ayant jamais déménagé, ou pas depuis au moins dix ans. Une teinte verte indique une forte proportion de cette population et donc des aires très fortement sédentaires; une teinte rouge indique au contraire une faible proportion de sédentaires, et donc une forte proportion de personnes "motiles", ayant déménagé récemment.

Source : OFS & MicroGIS

sessiliteCH.png


© MicroGIS 2017 Tous droits réservés