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La Suisse, dit-on, est un peuple de locataires, et la réalité chiffrée semble donner raison à ce constat. Selon les résultats des trois premiers relevés structurels, couvrant les années 2010, 2011 et 2012, une nette majorité des 3'475'000 logements occupés du pays l'étaient en location - pour être précis, 1'974'400 d'entre eux, soit 56,8% du total. Il faut ajouter à ce nombre les 98'800 logements occupés en coopérative (2,8%), et les 118'800 logements occupés sous des régimes spéciaux: baux à ferme, logements de fonction notamment, soit 3,4% du total - un chiffre assez surprenant. Au total, les logements occupés par d'autres personnes que leurs propriétaires représentent 63,08% du total des logements.

Cela laisse donc 36,92% de logements possédés par leur occupants, soient 1'283'000 logements qui se divisent en deux catégories: la principale est celle des maisons individuelles et mitoyennes: 900'300 logements, soit 25,9% du total. Enfin, on comptait 382'800 PPE et autres appartements occupés par leur propriétaire (11,0%).

En comparaison internationale, la Suisse est un pays de locataires, à l'image de ses voisins germaniques: le taux de logements occupés par leur propriétaire est assez semblable en Autriche (39,4%) et en Allemagne (45,1%), alors qu'il est nettement plus élevé en France (57,8%) et surtout en Italie (93,3%).

Un pays de locataires, donc, mais qui se soigne: en 2000, la part des logements occupés par leur propriétaire était en effet un peu plus basse, à 34,55%. En termes absolus, les PPE ont fortement progressé, en gagnant 144'500 unités, alors que les maisons individuelles ne sont "que" 88'400 de plus qu'en 2000 - la progression du nombre de propriétaires contribue à une certaine densification du bâti.

Les logements en propriété représentent la majorité des nouveaux logements apparus depuis 2000: on ne compte en effet que 150'400 logements loués de plus qu'alors - quant aux logements coopératifs, malgré la publicité faite autour d'eux, leur nombre a baissé de 14'800 unités. Quant à eux, les logements à statut spécial ont fortement progressé, d'environ 67'000 unités, mais cela pourrait être du domaine de la divergence statistique.

En matière de statut de propriété des logements, les différences géographiques sont énormes: il y a des régions exclusivement de locataires (record suisse: le secteur du Quai Ernest-Ansermet, à Genève, avec 99,3% de logements loués ou en coopérative; à Lausanne, le quartier central entre Flon et Riponne totalise 97,3% de logements loués), et d'autres où la propriété domine complètement (record suisse: 76,4% de logements en propriété dans les banlieues bâloises de Biel-Benken et de Schönenbuch).

De manière générale, les locataires dominent en ville, alors que les propriétaires sont plus nombreux en banlieue et à la campagne. Se greffent sur ce premier constat des spécificités très fortes, comme l'implantation des coopératives de logement en ville de Zurich (record suisse: 53,8% de logements en coopérative dans le secteur de Friesenberg-Albisgütli du Kreis 3). Le Valais est amoureux des PPE (record suisse à Naters: 47,5% des logements y sont possédés en PPE). Enfin, les régions les plus rurales du pays, dans le Napf, peuvent compter jusqu'à 15% de baux à ferme.

Source : OFS & MicroGIS

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