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Une des manières d'approcher la siuation des familles en Suisse est de l'envisager sous l'angle de ses conditions de logement. Si on peut admettre que les familles aisées ont les moyens d'habiter dans de grands logements, la plupart des jeunes familles sont à la recherche de logements appropriés, mais accessibles: en termes de taille, les logements de 4 et 5 pièces occupent ce segment du marché. Intéressons-nous à eux.

En 2012, la Suisse comptait 1'885'200 logements de 4 et 5 pièces, soit 45,1% du total du parc du pays. Une part pratiquement équivalente (44,2%) est constituée de logements de 3 pièces et moins, alors que les logements de 6 pièces et plus représentent 10,7% de l'ensemble du parc.

Notons qu'il y avait en suisse environ 1,2 million de ménages de plus de trois personnes en 2012 - et que donc, en théorie du moins, le parc de logements de 4 et 5 pièces semble plus que suffisant pour absorber ce nombre. Toutefois, il y a en Suisse 2,4 millions de ménages de deux personnes ou moins, soit environ 600'000 de plus que le stock total de petits logements; de plus, environ un demi-million de logements en Suisse sont des résidences secondaires qui ne sont pas sur le marché. Le résultat en est que la situation sur le marché du logement est très tendue pour les jeunes familles.

Mais c'est surtout la répartition spatiale des logements de 4 et 5 pièces qui interpelle. Si globalement, la part de ces logements est de 45,2%, de très fortes variations régionales apparaissent. En premier lieu, les régions urbaines en sont fortement démunies; à l'échelle des districts de marché, les cinq grands centres apparaissent les plus dépourvus: Lausanne (record suisse avec 22,6% de 4 et 5 pièces, moins de la moitié de la moyenne nationale), Bâle (25,2%), Genève (26,0%), Berne (26,4%) et Zurich (26,6%). Suivent immédiatement derrière trois régions vaudoises (Ouest lausannois: 33,5%, Riviera: 33,7% et Chablais: 37,6%). Cela indique un double phénomène: centre-périphérie d'une part, les centres étant systématiquement dépourvus de 4 et 5 pièces, mais aussi régional, la Suisse romande comptant moins de 4 et 5 pièces que le reste du pays.

Vers le haut, l'écart est moindre: le record de Suisse de la présence de 4 et 5 pièces se trouve en Haut-Valais, à Viège (60,9%) et Brigue (59,9%), soit quinze points en-dessus de la moyenne nationale. Immédiatement derrière, les régions externes de la métropole zurichoise, notamment argovienne (Mutschellen, Brugg, Zurzach), et des régions périphériques de montagne à l'image du Haut-Valais précité. De manière générale, la Suisse alémanique est nettement mieux pourvue en 4 et 5 pièces que la Suisse romande.

A l'échelle des localités, le déficit urbain se retrouve presque partout - ainsi, les villes moyennes comportent des parts de 4 et 5 pièces nettement en-dessous de la moyenne nationale, quoique pas aussi basses que celles des grandes villes, dont certains quartiers affichent des scores extrêmement bas - c'est aussi le cas, à cette échelle, des stations touristiques. Dans tous les cas, cela est dû à la très forte présence de petits logements en milieu urbain et d'appartements de vacances en station, la part de grands logements ne semblant jouer aucun rôle ou presque. Dans de rares cas toutefois, des centres comportent une forte proportion de logements à destination familiale. Dans l'arc lémanique, c'est le cas notamment de Gland et d'Echallens: deux centres résidentiels de métropole qui ont grandi récemment et qui ont donc pu construire leur parc de logements en fonction de la demande: au contraire des villes, "coincées" avec un parc de logements ancien et qui ne correspond plus forcément à la demande familiale - une explication, peut-être, de la fuite urbaine des familles.


Source : MicroGIS


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