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  • 8,8% de la population suisse est de langue principale autre qu’une langue nationale

La Suisse compte, on le sait, quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. En 2010/2012, on trouvait en Suisse 7'088'400 personnes qui déclaraient l’une de ces quatre langues comme étant leur langue principale, soit 91,2% du total : plus précisément 4'962'200 ayant l’allemand comme langue principale (63,8% du total), 1'654'100 le français (21,3%), 448'900 l’italien (5,8%) et enfin 23'300 personnes de langue principale romanche (0,3%).

688'100 personnes, soit 8,8% des habitants de la Suisse, ont déclaré une autre langue principale. Dans l’ordre, on compte 138'000 personnes parlant principalement le portugais, 92'700 personnes le serbo-croate, juste devant l’albanais, à 89'900 personnes. On trouve ensuite 84'300 personnes de langue principale anglaise, et 63'800 parlant principalement l’espagnol .

Toutefois, ce calcul ne prend pas en compte les locuteurs bilingues, soit l’ensemble de la population utilisant une langue, qu’elle soit maternelle ou non. Il est intéressant de les regarder de plus près - les chiffres changent sensiblement : ainsi, la Suisse compte 5'068'800 locuteurs de l’allemand, soit 65,2% de la population ; le français compte 1'783'100 locuteurs (22,9%), l’italien 674'100 locuteurs (8,3%), et le romanche 40'900 (0,5%).

Les langues nationales se renforcent donc toutes, mais c’est dans les langues étrangères que l’effet est le plus fort : six langues étrangères dépassent ainsi 1 % de la population totale. L’anglais vient en tête avec 346'300 locuteurs, soit 4,5% de la population, devant le portugais (251'600, 3,2%), l’albanais (200'700, 2,6%), le serbo-croate (198'300, 2,6% aussi), l’espagnol (163'800, 2,1%) et le turc (85'200, 1,1%).

Une autre manière d’observer le phénomène est de compter les locuteurs d’une langue autre que leur langue principale. A ce titre, une large majorité des locuteurs de l’anglais en Suisse (262'000 personnes sur 346'300) l’utilisent comme seconde langue – pour l’essentiel, des locaux qui se sont mis à l’anglais. C’est le cas aussi d’une majorité des locuteurs des langues étrangères que sont l’espagnol (100'100 sur 163'800), l’albanais (110'900 sur 200'700) et le serbo-croate (105'600 sur 198'300), signe ici de l’intégration de populations immigrées – qui semble fonctionner moins bien chez les locuteurs du portugais, où le rapport est de 113'600 sur 251’600. Il est vrai que l’immigration portugaise est plus récente.

A l’inverse, les langues nationales sont utilisées avant tout comme langues principales : seules 106'600 des 5'068'800 personnes parlant l’allemand ne l’ont pas comme langue principale ; ces chiffres sont de 129'000 sur 1'783'100 chez les francophones. L’italien est en zone médiane, comme langue d’immigration et comme langue nationale : 198'200 des 647'100 personnes parlant l’italien ne l’ont pas comme langue principale. C’est également le cas de 17'700 des 40'900 locuteurs du romanche.

Enfin, il est intéressant d’avoir un regard sur les langues allochtones. En Suisse, germanophones et francophones sont avant tout liés aux régions linguistiques correspondantes : il n’y a par exemple que 80'200 personnes de langue principale et 185'100 locuteurs de l’allemand hors des régions alémaniques de Suisse, et ces chiffres sont de 69'200 personnes de langue principale, et 197'700 locuteurs du français hors de Suisse Romande. L’italien est, en Suisse, une langue étrangère autant que nationale : on trouve ainsi 146'100 personnes de langue principale italienne et même 344'300 locuteurs de l’italien hors de Suisse italienne, laquelle ne compte que 302'800 locuteurs de l’italien. Le cas est encore plus net chez les romanches : des 40'900 locuteurs de cette langue, 28'500 vivent dans des territoires majoritairement germanophones.

En termes de locuteurs de langues allochtones donc, en excluant les langues territoriales et régionales, l’anglais (346'300 locuteurs) et l’italien (344'300 locuteurs hors Suisse italienne) sont pratiquement à égalité, devant le portugais, le serbo-croate, l’albanais (ces deux dernières quasiment à égalité aussi), l’espagnol et le turc.

A noter enfin dans ce panorama que si les italophones de Suisse italienne ont pratiquement tous l’italien comme langue principale, ce n’est pas du tout le cas des italophones du reste de la Suisse : 198'200 des 344'300 locuteurs de l’italien hors de Suisse italienne l’ont en seconde langue seulement.

Source : OFS & MicroGIS

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