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Le tourisme suisse, tel qu'appréhendé au travers de la statistique des nuitées, montre un visage très diversifié; cette diversité se distribue sur le territoire d'une manière telle qu'on devrait plutôt parler des tourismes suisses, au pluriel.

En termes absolus - représentés par la taille des cercles sur les cartes - les quelque 37 millions de nuitées annuelles enregistrées en 2015 se répartissent en trois groupes bien distincts: premièrement, les stations touristiques de montagne, comme Zermatt, Davos et St-Moritz; deuxièmement, les villes moyennes spécialisées dans le tourisme, souvent situées entre lac et montagnes, et qui regroupent par exemple Montreux, Interlaken ou Locarno; et enfin, le groupe des grandes villes du Moyen-Pays, Genève et Zurich en tête.

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La répartition des presque 37 millions de nuitées se fait à parts à peu près égales entre le tourisme étranger (20 millions) et le tourisme suisse (17 millions), mais les buts de visite des uns et des autres ne sont pas du tout les mêmes. Ainsi, le tourisme de plaine, lié aux affaires, est avant tout le domaine des étrangers, ce qui est aussi le cas de la majorité des villes moyennes touristiques - Montreux, Interlaken et Lucerne en tête, et de quelques stations bien déterminées: Verbier, Zermatt, la vallée de Lauterbrunnen, Engelberg et St-Moritz; à l'inverse, la majorité des stations alpines, surtout aux Grisons, ainsi que les villégiatures tessinoises sont assez majoritairement fréquentées par des touristes provenant de Suisse.


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On retrouve une dichotomie assez semblable lorsqu'on observe la durée moyenne de séjour. En ville et plus généralement en plaine, les séjours, intégrés à des circuits touristiques européens, ou dépendant des voyages d'affaires, sont brefs: moins de deux nuits en moyenne. En station, c'est différent - les séjours y sont plus fréquemment hebdomadaires ou de week-end, et la durée moyenne de séjour y dépasse largement les deux nuits. A noter que cette différence recoupe assez largement celle opposant touristes suisses et étrangers; ces derniers privilégient un tourisme d'étape dans notre pays, alors que les locaux partent plus volontiers en station, pour des séjours longs.

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Un aspect mal connu du tourisme suisse concerne sa saisonnalité, pourtant assez importante. On le sait peu, mais la Suisse est plutôt une destination estivale: des 37 millions de nuitées annuelles, 15 millions sont effectuées en été, contre 12 en hiver et 10 tout de même dans les saisons de transition (avril-mai, et octobre-novembre). Les différentes régions touristiques du pays connaissent une saisonnalité très différente: la Riviera lémanique, la région d'Interlaken, celle du lac des Quatre-Cantons et surtout le Tessin sont des destinations essentiellement estivales; à l'inverse, les stations alpines, surtout les grisonnes, sont plutôt des destinations d'hiver, à l'exception notable de celles de la vallée de Lauterbrunnen et Engelberg. Enfin, les grandes villes, liées au tourisme culturel et aux voyages d'affaires, connaissent d'assez faibles variations saisonnières.

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Compte tenu de ces paramètres, les taux d'occupation varient également fortement entre les régions. Les grandes villes connaissent les meilleurs taux de remplissage, car elles louent leurs chambres toute l'année, alors que les régions fortement touchées par les variations saisonnières comptent plus de lits vides, notamment en montagne. Au Tessin, les hôtels réagissent par la fermeture saisonnière, qui explique le bon taux de remplissage à Locarno par exemple. Dans les régions périphériques, les rares hôtels restent largement ouverts, et largement inoccupés.

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Une dernière mesure du fait hôtelier est l'efficacité, c'est à dire le nombre de nuitées par emploi. Ce paramètre est très élevé dans les banlieues d'emploi des grandes villes, siège d'hôtels de basse catégorie occupés toute l'année, et où un emploi peut couvrir près de mille nuitées; ce paramètre est généralement élevé en ville et dans les grandes régions touristiques des Alpes: Oberland et Valais. En revanche, il est faible en région périphérique où l'hôtellerie est une activité accessoire, mais également dans les stations grisonnes et les stations de haut de gamme où on ne lésine pas sur le personnel pour assurer la qualité de l'accueil.

Dans l'ensemble, on constate donc que l'éventail des situations touristiques est extrêmement varié à travers la Suisse, qui compte plusieurs types territoriaux très marqués par des cultures, mais aussi des visiteurs, très différents les uns des autres. La Suisse connaît donc un tourisme aux multiples facettes.

Source : Statistique de l'hébergement touristique, OFS & MicroGIS


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